23.03.2008

Intense

Une présence, une main au creux de la sienne peuvent-elles changer quelque chose à cet instant crucial où le souffle se transforme en silences prolongés, puis en silence éternel ? La blouse blanche qui se tenait à côté de lui, aux portes de la vie, de la fin de sa vie, a-t-elle pu de quelque façon que ce soit apaiser ses angoisses, sa peur ? A-t-il choisi de rendre son dernier souffle en présence de quelque un ou était-ce un pur hasard ? Je ne le saurais jamais…
Quoi qu’il en soit, j’en sors toujours ébréchée, émue, touchée au plus profond de ce qu’on ne verra jamais de moi. Et toujours, invariablement, les premiers instants, je m’en veux presque d’assister à un instant si cruel, si intense, comme la sensation de briser l’intimité ultime de la mort.
Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi suis-je entrée dans sa chambre à cet instant ?
Cet homme m’a marquée, a marqué toute l’équipe. Son courage. Son endurance face aux épreuves.
Certaines de ses paroles résonnent encore. Certains moments intenses passés auprès de lui reviennent au galop.
Je sais qu’il est libéré de ses souffrances, que nous sommes là pour ça. Il y a deux semaines, il m’a regardé avec plein de questions dans les yeux alors que les informations relataient l’histoire de Chantal Sébire… Il savait où il allait, mais ne se plaignait de rien.
Je pense que nous l’avons accompagné au mieux, je l’espère, je le crois, objectivement. Mais je ne peux réprimer mon émotion, sûrement égoïste, mais si humaine.
Et je sais que dès demain, ce moment sera un renouveau, un petit clin d’œil qui m’aidera à aimer davantage mon métier.
Partez en paix, et sachez que je me souviendrai de vous, où que vous soyez…

29.10.2007

Lacrymal Circus


« Ce soir les cumulus, jettent sur ma vie une ombre ivoire ».
Ambiance nostalgique.
Pas évident d’entrer dans l’âge où tout le monde pense que la norme est d’être marié, ou presque, d’avoir des projets d’avenir à deux, pour devenir trois, et plus si affinités.

Il y a dix ans, je pensais qu’à 24 ans, je serai en effet mariée, ou presque, et que j’ébaucherais des projets de famille. Je pensais que j’aurais un boulot épanouissant, un chez-moi bien à moi, et à lui.
Lui, l’inconnu, certes, mais un lui qui partagerait mon quotidien.

Et aujourd’hui, la seule chose que j’aie réellement, est un boulot où je m’épanouis.
C’est déjà pas mal, direz-vous, je le sais, et m’en réjouis chaque jour.

Mais comment masquer le malaise, comment ravaler sa solitude, à chaque fois que la question « et, tu es avec quelque un ? » m’est posée ?
Comment ne pas sauter à la gorge du malheureux qui la prononce ?
Comment ne pas le fusiller du regard ?
Comment feindre que cette situation me convient, et que, non, vraiment, le célibat, ça me convient trop ?
Comment ne pas calculer, ne pas se dire que, merde, quand même, d’ici 5 ans, ça me plairait bien d’être la Maman d’un petit bout de chou ?
Comment ne pas se sentir en marge quand tout le monde vous le fait remarquer ?

Je n’ai pas de réponse à ces « comment ». Encore moi aux « pourquoi » qui s’ensuivent en général.
Je ne sais pas ce que je fais, ou ne fais pas.
Toujours est-il que je pense que chacun a droit à son coin de ciel bleu, à son oasis de paix et d’amour.
Oui, je suis entourée, oui, j’ai une famille et des amis aimants.
Mais désolée, vous ne me suffisez pas toujours.
J’ai dû être très méchante dans une autre vie, je ne vois que ça.

Ces pensées tournent en boucle dans mon cerveau depuis une discussion hier soir avec une vieille amie de l’époque de mes études.
Elle a revu ce charmant jeune homme qui me plaisait bien et que, je crois, je ne laissais pas indifférent.

À quoi ça s’est joué, qu’on se loupe de si peu ?
Pourquoi n’a-t-on jamais osé réellement se parler ?
À quoi ça tient, tout ça ?

À rien, trois fois rien.
Qui serais-je aujourd’hui, si nous nous étions trouvé, plutôt que de ne cesser de nous tourner autour ?

« Des souvenirs qui collent au corps, comme une vapeur d’essence ».

04.07.2007

Note pour plus tard...

Plus tard… Que deviendrons-nous?
Bonne question me direz-vous…
La seule chose qu’il faille faire, c’est mourir, et donc, s’y préparer??? Non, je ne suis pas d’humeur morose, je réfléchis, c’est tout…
S’y préparer, oui, par nos histoires de vie, nos expériences… Et savoir ce que l’on veut, en quelque sorte ce que l’on se souhaite…
Alors, ce soir, comme preuve ô combien crédible, je voudrais vous dire ce que je me souhaite…
Pas d’acharnement… On en est tous là, non? Bien sûr, ça dépend de la situation, de l’âge, du contexte… Mais le destin dans tout ça? Si la maladie me ronge, quel que soit mon âge, si j’en perds mon autonomie, ma dignité…? Si vivre devient plus dur que de mourir…? Que dois-je décider? Et si, justement, je ne peux plus décider? Qui le fera pour moi? Et que devront-ils choisir?
L’essentiel sera qu’ils décident avec leur cœur, en pensant à moi et à ce que je suis, pour eux, pour les autres… Qu’ils prennent le temps de se poser la question de ce que je déciderai pour moi… Je n’ai jamais dû décider pour quelqu’un (que la vie m’en préserve), mais je me doute que dans ces moments-là, on a tendance à être égoïste… C’est normal, c’est humain.
Mais trop, c’est trop. A quoi bon continuer les thérapeutiques, les soins invasifs et douloureux? Pour quel confort, quelle qualité de vie? Et à quel prix?
Par pitié, ne laissez personne s’acharner sur moi… Ne les laissez pas me voler ces derniers instants avec mes proches, ne les laissez pas me dérober ma propre mort. Récemment, j’ai entendu quelqu’un dire une vérité déroutante, à laquelle je n’avais jamais pensée : la mort, c’est comme la vie, elle appartient à chacun, à chacun de la « vivre » comme bon lui semble. Oui, c’est incroyablement vrai!
Alors pensez à moi, à ce qu’a été ma vie et à ce que je voudrais que soit ma mort… Ne laissez pas des blouses blanches me perfuser, me transfuser, me transporter, m’opérer, m’étudier! Si mon heure est venue, si la maladie a gagné, si, après m’être battue, je baisse les bras, si j’abdique et m’abandonne laissez-moi partir… Quelles que soient mes croyances ou les vôtres, sur « l’après » ou sur le « pourquoi » …
A la fin, je ne serai plus tout à fait la même, mais pas tout à fait différente, je serai paisible et sereine, pourvu que l’on m’ait informée, pourvu qu’on m’ait expliqué… Ce n’est que dans ces circonstances, malgré la violence des mots, malgré la cruauté de la maladie, que je pourrais préparer ma mort et tirer un dernier coup de chapeau à ce monde…
Non, je ne suis pas d’humeur morose, je veux juste être au clair avec moi-même. Je veux savourer la vie jusqu’au dernier souffle, mais je ne veux pas rallonger mon existence de quelques tristes semaines de souffrance. Pas de douleur, pas d’acharnement, de l’humanité… Pas de pitié, de la disponibilité… Et, par-dessus tout, partir entourée, aimée. Même si c’est trop tôt, même si c’est injuste, partir avec le sentiment d’une vie épanouie et bien remplie…

Non, je ne pleure pas ce soir, je souris, parce que la vie est belle, jonchée d’épreuves mais sertie de pierres précieuses, parce que je ne m’inquiète pas pour le reste, que je veux juste en profiter, et en faire profiter ceux que j’aime…
Avis à la population…

Multikiss, Maxitchao…

11.06.2007

P14B vs marinettelaprisedetête

J’aurais juré tous les saints que je détesterais.
J’étais sûre que l’essayer, c’était le haïr à coup sûr.

Mais, gentille frangine que je suis, et curieuse aussi, j’ai accepté de m’initier au poker.
Pas de mise d’argent. Une débutante au milieu de joueurs réguliers, et conciliants avec la débutante.

Le poker ?
Jamais !

Ouais, bin,c’est qu’elle fait moins sa maligne la Marinette, à minuit, avec des cernes grandes comme des valises, à bouquiner un livre de poker.
Bah oui, a y’est ! Je suis tombée dedans.
J’ai donc reçu de ladite sœur qui m’a fait toucher à ça, un bouquin.

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Déjà, c’est pas flatteur…

Quel ne fut pas mon étonnement lorsque je découvris, en page 31, LA citation qui tue.
« Si après une demi-heure de jeu, vous n'avez toujours pas repéré qui était le pigeon, c'est que le pigeon, c'est vous !"
Ok, c'est moi le pigeon. C'est pas faux.
Mais tout cela va bien changer.
Bref, je blogue moins, mais je parfais ma stratégie.

Je vous laisse sur cette phrase philosophique (que j’aime bien) :
« Qu’il le veuille ou non, le caractère d’un homme est mis à nu à une table de poker ; si les autres joueurs le décryptent mieux que lui ne les décrypte, il ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Sauf à être capable et préparé à se voir lui-même comme les autres le voient, avec ses défauts, il sera perdant, comme il l’est dans la vie ».
En même temps, je joue contre ma sœur, qui me connaît très bien et lit trop bien en moi…

Multikiss, Maxitchao…

03.05.2007

Par quoi nous sommes passés, avant de redevenir amis...ou presque...

Je ressors de derrière les fagots un article paru sur LUI, sur mon autre blog...

Vous comprendrez peut-être mieux ce que cette relation a été... 

 

 Laisser du temps au temps.Vous me faites rire, vous qui me dites ça. Vous me faites plutôt pleurer en vérité.

En terme de relations humaines, le temps, l’absence, le silence enveniment tout. On l’a tous déjà vérifié.
Là où tout se complique, c’est quand l’affaire devient publique.
Les sentiments confiés à l’autre mais contenus en de pieux secrets forcent à se confronter à la réalité, à des relations compliquées mais saines, dans la mesure où il faut cacher la gêne aux autres.
Malheureusement, curiosité des uns et réponses des autres font parfois que tout le monde sait rapidement ce que vous cachiez depuis si longtemps.
Et ça me soule. Ça m’agace, ça m’énerve.
Ça me soule que certains sachent que je leur ai menti.
Ça me soule que maintenant ils sachent toute la vérité de sa bouche à lui.
Ça me soule, cette décision unilatérale de briser le semblant de relation qui nous restait.
J’ai du mal à comprendre ce besoin de fuite. Ce besoin d’éviter toutes les situations où la vie pourrait nous mettre dans la même pièce.
Objectivement, je sais que le revoir me permettrait de passer à autre chose. D’oublier. D’en faire un pote, sans penser à autre chose.
Ce n’est pas ce qu’il veut, certes. Mais je me sens trahie qu’il ait fait le choix d’en parler à nos amis communs, comme ça, sans raison.

Et, en y réfléchissant, je m’en veux de m’être livrée. D’avoir révélé le contenu de mon petit cœur d’artichaut. C’est vrai, je ne peux en vouloir qu’à moi-même. J’aurais dû y voir plus clair. J’aurais dû être plus vigilante.
J’aurais dû réfléchir, et me préserver.
Petit cœur implose sous trop de pression.
Petite Marinette en a marre de ne plus maîtriser les larmes que ses yeux déversent.
Alors elle aimerait s’expliquer. Lui faire comprendre que des relations saines et sans ambiguïté sont encore possibles. Mais il n’y a aucun dialogue possible.
Je sais faire. Je sais me confronter à l’autre et arrêter de penser. Redevenir moi, sans arrière pensée et sans interprétation. Je sais le faire si on m’en laisse l’opportunité. J’arrive à oublier, si on me permet de mettre un point final à une situation délicate. Si on me permet de repartir comme avant, de redevenir la Marinette habituelle, lors de soirées normales et agréables. Pas de ces soirées lourdes et gênantes ou les non-dits sont plus éloquents que les paroles.
Mais ça ne sera pas comme ça, vu qu’il a décidé de faire barrage.
Je respecterai donc son choix en m’isolant, et en refusant les invitations à des soirées auxquelles il pourrait se trouver.
Il pourra reprendre sa vie tranquille, pépère, sans embûches et sans moi.
Les autres, je les reverrai sans lui.
La situation sera encore pire, et plus inconfortable. Gênante pour tous.
La cicatrisation sera plus longue. Mais c’est ce qu’il a choisi, alors je n’ai pas le choix.

Il me connaît mal. Il m’a mal jugée. Et je n’y peux rien changer.

Et le temps, que va-t-il y changer???

Multikiss, Maxitchao…

  

La suite, après ce week-end... !